Revue de la sinistralité climatique sur un panel représentatif d’assureurs non-vie
Méthodologie :
Enquête par questionnaire ménée auprès d’un panel de 9 assureurs non-vie sur les branches véhicules à moteur et dommages aux biens (professionnels et particuliers) représentant 50 % des primes sur les branches concernées.
Revue de la documentation technique fournie (politiques écrites de souscription, provisionnement et réassurance, rapport de la fonction clé actuarielle, tableaux des « meilleures estimations des engagements non-vie » par groupes et sous-groupes de risques homogènes (GRH).
Analyse des malis récurrents de liquidation de provisions observés sur ces branches d’activité.
Gouvernance et pilotage du risque climatique :
Le processus ORSA et le suivi d’un « budget climatique » sont des outils de pilotage très opérationnels lorsqu’ils sont utilisés en cohérence avec le cadre d’appétence aux risques.
Le processus ORSA permet d’articuler la réflexion selon différents horizons de temps - du court terme jusqu’aux scénarios de long terme (> 10 ans) - comme recommandé par l’EIOPA.
Méthodes de provisionnement :
Dans la prise en compte des données historiques, certains assureurs ont, pour certains périls, réduit la profondeur d’historique pour le calcul de la meilleure estimation, en cohérence avec les tendances de sinistralité les plus récemment observées.
À cet égard, s’agissant du retraitement des années à sinistralité exceptionnelle, l’ACPR incite à la prudence.
La majorité des assureurs interrogés ajuste les ratios sinistres sur primes (S/P) projetés dans le calcul de la meilleure estimation, par le recours à des S/P issus de modèles climatiques, par la révision régulière des hypothèses de fréquence et de coût moyen des sinistres ou encore par l’utilisation d’un ratio combiné fictif.
D’autres organismes ont recours à des équipes d’experts chargés de provisionner et de suivre le risque climatique à l’aide de modèles spécifiques, indépendamment de l’utilisation de modèles internes d’évaluation des besoins en fonds propres.
Si le ratio S/P ainsi projeté s’écarte de l’expérience issue des données historiques, l’ACPR préconise de bien tenir compte du profil de risque de l’organisme (spécificités et évolutions) et des conditions de réassurance applicables pour le projeter.
Tarification et zoniers :
Les zoniers sont construits en combinant différentes sources : données historiques de sinistres, données météorologiques, cartographies des risques sur la base de données publiques comme privées.
Ils sont utilisés pour surveiller le portefeuille et aider à la prise de décision en matière de souscription et de prévention.
Exemples : tarification proportionnelle au risque sur la base d’un zonier communal inondation ; identification de clients exposés au risque d’inondation afin de proposer des mesures de prévention ciblées.