Les superviseurs bancaires coopèrent souvent entre eux pour prendre en compte la dimension globale des risques des grands groupes bancaires, mais cette coopération couvre seulement une partie des opérations de ces derniers (41% des opérations, selon l’échantillon analysé). Le papier présenté par Thorsten Beck (co-écrit avec Consuelo Silva-Buston et Wolf Wagner) montre que la dimension incomplète de cette coopération entraîne des externalités pour des pays tiers. Plus précisément, l’analyse empirique proposée dans ce travail montre que les grands groupes bancaires déplacent une partie de leurs prêts bancaires (et les risques associés) dans des filiales des pays tiers non concernés par la coopération, avec une augmentation de la part des prêts étrangers dans ces pays de 16%. Le papier montre aussi que les pays concernés n’anticipent pas cet effet de transfert du risque quand les décisions de coopération sont prises, ce qui souligne un besoin de « coopérer en matière de coopération ». 

Les questions et commentaires de l’auditoire ont porté sur les thèmes suivants :

  1. La mesure et l’impact de la sévérité de la réglementation dans un pays donné sur l’effet de la coopération ;
  2. Le choix des variables financières utilisées pour caractériser la stabilité financière ;
  3. L’intérêt d’établir une forme de coopération qui puisse rendre le transfert des risques (vers des pays-tiers) plus difficiles (besoin de coopérer dans la coopération).

Le prochain séminaire aura lieu le mercredi 6 septembre 2023 (en mode hybride) avec une présentation de la part de Jérémy Pépy (Université de Lorraine et CNRS) sur « Basel III and Bank Lending : Evidence from the United States and Europe ».

Pour mémoire, les séminaires de la Chaire ACPR ont lieu, en principe, tous les premiers mercredis de chaque mois et sont ouverts aussi bien au personnel de la Banque de France et de l’ACPR qu’à des participants extérieurs. 

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Mise à jour le 8 Septembre 2026