Les flux en assurance-vie atteignent un niveau exceptionnel en 2025 ainsi qu’au 1er trimestre 2026, qui coïncide avec une moindre collecte des dépôts bancaires. Au 1er trimestre 2026, la collecte nette en assurance-vie s’accélère pour s’établir à 19,9 milliards d’euros (contre 13,3 Md€ au 1er trimestre 2025, cf. Graphique 5). Cette progression est principalement imputable aux supports en euros (+5,4 Md€ de surplus de collecte nette en un an, pour atteindre 5,9 Md€ de collecte au 1er trimestre 2026) et dans une moindre mesure aux supports en unités de compte (surplus de +1,2 Md€ sur un an, pour atteindre 14,0 Md€ au T1). Sur l’ensemble des branches d’assurance vie (y compris assurance-décès, épargne retraite, santé assimilée à la vie), les assureurs enregistrent une progression des primes acquises (+ 10,2 %) et un recul des prestations (rachats et sinistres, - 4,6 %) en 2025 (cf. Tableau 1).

En assurance non-vie, la rentabilité technique se redresse. Le ratio combiné de l’ensemble des lignes d’activité non-vie atteint 95,3 % fin 2025, en baisse de 1,3 point sur un an (cf. Graphique 8). En 2025, les primes acquises d’assurance non-vie en affaires directes progressent de 5,6 %, tandis que les sinistres enregistrent une hausse plus modérée de 1,4 % (cf. Tableau 2). Cette croissance des primes est particulièrement marquée pour les deux principales lignes d’activité :  l’assurance automobile (+7 %) et l’assurance incendie et dommages aux biens (+8 %) (cf. Tableau 3). L’évolution des sinistres est plus contrastée. On observe une baisse significative pour les lignes incendie et dommages aux biens (-10 %), en lien avec une sinistralité climatique moindre en 2025. À l’inverse, les prestations de frais médicaux enregistrent une hausse (+3 %), tandis que l’assurance automobile connaît une progression encore plus marquée (+10 %), principalement en raison d’une inflation persistante du coût des pièces détachées et de la main-d’œuvre dans le secteur de la réparation. Selon l’association SRA (Sécurité et Réparation Automobile), la hausse du coût moyen des réparations atteint en effet 5,9 % en 2025 et 5,2 % pour les pièces de rechange.

Les placements des assureurs s’élèvent à 2 819 Md€ en valeur de marché fin décembre 2025 en hausse de 5,5% sur un an, bénéficiant notamment de la bonne performance des marchés actions. L’allocation des actifs des assureurs à fin décembre 2025 diffère peu de celle de fin juin 2025 (cf. Graphique 11). Les obligations souveraines représentent 19 % des placements après mise en transparence, les obligations du secteur financier 27 % et les obligations des sociétés non financières 10 % (contre respectivement 20 %, 28 % et 11 % fin juin 2025). Les actions et participations représentent 21 % des placements. Les placements restants correspondent à des OPC principalement étrangers dont il n’est pas possible de détailler la composition, à de la trésorerie, des prêts et des immobilisations corporelles.

L’exposition des assureurs français au Moyen Orient et à l’Iran est quasi nulle à 0,09% (cf. Graphique 13). Les émetteurs des titres en portefeuille sont principalement domiciliés en France et au sein de l’Union Européenne pour respectivement 48 % et 82 %. Cette stratégie d’allocation d’actifs leur permet de disposer d’une part très importante d’actifs liquides et de bonne qualité (51 %) pour faire face à de potentiels besoins accrus et soudains de liquidité (cf. Graphique 12). Elle permet notamment de limiter l’exposition aux risques de change et aux risques géopolitiques.

La multiplication des zones de conflit fait peser des risques accrus sur le secteur de l’assurance maritime. Son rôle est pourtant crucial dans un contexte de risque politique exacerbé. Ce marché est évalué à 40 Md$ de primes en valeur en 2024 au niveau mondial (source : IUMI) et près de la moitié du chiffre d’affaires est réalisé en Europe. L’assurance maritime est regroupée avec l’assurance de transport aérien dans les reportings prudentiels européen et nationaux ce qui ne permet pas d’évaluer précisément ce marché au niveau français. Au niveau consolidé, l’assurance de transport maritime et aérien représente 4,7 Md€ de primes pour les groupes d’assurance français. Les assureurs sont peu exposés au risque de guerre, qui est systématiquement exclu des contrats d’assurance les plus répandus. Le risque de guerre est en effet couvert via des contrats spécifiques et des acteurs spécialisés, tel que le Groupement des assureurs en risques exceptionnels (Garex), principal acteur français sur le segment de l’assurance des risques de guerre.

À l’actif des assureurs, les expositions présentant une intensité carbone élevée représentent moins de 2,5% de leurs placements. L’encours concerné s’élève à 69 Md€, dont 12 milliards d’euros liés uniquement au secteur de l’énergie (cf. Graphique 15). Les sociétés non financières représentent par ailleurs 531 Md€ d’expositions pour les assureurs. Certains secteurs seraient plus particulièrement impactés en cas de choc pétrolier lié aux tensions géopolitiques actuelles au Moyen-Orient.

Les expositions des assureurs français au crédit privé sont limitées. Selon le périmètre retenu, allant d’une définition restrictive limitée aux seuls fonds de dette privée à une approche plus extensive comprenant les obligations non cotées, elles représentent entre 0,6 % et 3,4 % du total de leurs placements (Cf. Graphique 16). Ainsi, les fonds spécialisés considérés comme relevant pleinement du crédit privé représentent 0,6% du total des placements. Les instruments titrisés, tels que les collateralised loan obligations (CLO) ou d’autres structurés de crédit par lesquels les assureurs portent un risque de crédit s’élèvent également à 0,6% des placements. Les investissements directs sous forme de prêts ou de dette non cotée (hors secteur financier et hors intragroupe) s’élèvent à 1,3%. Enfin, les expositions à des prêts logés dans des fonds généralistes (y-c. obligataires) ainsi que les expositions de dette d’entreprise détenues par des fonds peu liquides (infrastructure, private equity, gestion alternative) représentent 1% des placements.

La qualité du portefeuille obligataire diminue en raison de la dégradation de la notation de la France passée de « AA » à « A » au second semestre 2025. Les obligations souveraines françaises représentent en moyenne 26% des actifs obligataires. La part d’actifs bien notés est passée de 47% à 20% (cf. Graphique 14).

Le taux de couverture du capital de solvabilité requis (CSR) s’améliore : il s’établit à 250 % fin 2025, contre 238 % fin 2024 (cf. Graphique 17). Cette amélioration concerne tous les types d’organismes sauf les bancassureurs qui voient leur ratio diminuer de 3 points de pourcentage par rapport à fin 2024, pour s’établir à 221 % fin 2025. Le ratio de solvabilité des autres organismes vie et mixtes progresse de 223 % fin 2024 à 240 % fin 2025 (cf. Graphique 18), et celui des organismes non-vie atteint 299 % fin 2025 contre 278 % fin 2024 (cf. Graphique 19). Ces évolutions s’expliquent par la hausse des fonds propres, qui atteignent 149 Md€ pour les organismes non-vie et 136 Md€ pour les organismes vie et mixtes (cf. Graphique 20), contribuant directement à l’amélioration des ratios de solvabilité. Cette progression s’inscrit également dans un environnement de hausse des taux longs (cf. graphique 21), qui améliore la valorisation économique des bilans des assureurs-vie en réduisant la valeur actuelle des engagements plus fortement que celle des actifs.

Mise à jour le 30 Juin 2026