Le papier présenté analyse les effets des modèles fondés sur les notations internes (internal ratings-based, IRB) sur la variabilité des actifs pondérés par le risque (risk-weighted asset, RWA), les stratégies d’investissement et la gestion du capital des banques de la zone euro, en utilisant un ensemble unique de données prudentielles. Les résultats indiquent une diminution de la densité des RWA (c’est-à-dire le ratio des actifs pondérés en fonction des risques rapportés à l’exposition en cas de défaut totale (EAD)) à la suite de l’adoption de modèles internes. L’ampleur de cette réduction varie d’une banque à l’autre et dépend des caractéristiques du bilan. Les auteurs ne constatent pas empiriquement que, dans le cadre du Mécanisme de Supervision Unique mis en place à partir de-2015, les banques faiblement capitalisées ou fragiles ont réduit davantage la densité des RWA que les autres banques après l’adoption des modèles IRB. Ce résultat semble suggérer qu’une surveillance harmonisée dans la zone euro pourrait avoir limité la possibilité de réductions opportunistes des RWA après l’adoption. Enfin, le papier montre que les modèles IRB incitent les banques à réallouer le crédit vers des actifs plus rentables – en particulier vers le crédit aux grandes sociétés non financières – tout en réduisant les expositions sur les émetteurs souverains et les banques centrales.
Lors des échanges avec l'auditoire, plusieurs interventions ont porté sur : a) l’utilisation de la base de données COREP pour obtenir l’EAD utilisée dans le calcul de la densité des RWA; b) la nécessité d’utiliser au numérateur de cette densité un RWA focalisé sur le risque de crédit (en ligne avec la nature du dénominateur); c) les facteurs qui peuvent expliquer la variabilité de cette densité (la capitalisation semble être le plus important); d) la possibilité de considérer une analyse empirique plus fine à l’aide d’une base de données granulaire (comme Anacredit); e) la nécessité de neutraliser dans l’échantillon l’introduction simultané du ratio de levier ; f) l’implication des résultats en vue de la future mise en œuvre de « l’output floor » en Europe.
Le prochain séminaire aura lieu le mercredi 4 novembre 2026 et Maximilian JAGER (Frankfurt School of Finance and Management) présentera son papier : « The evolving nexus : sovereigns, banks and NBFIs ».