« L’écosystème fintech, aux avant-postes de l’innovation, peut jouer un rôle pour un financement plus souverain de nos économies » (François Villeroy de Galhau)
En ouverture de la journée, le Gouverneur de la Banque de France a rappelé les engagements de l’ACPR vis-à-vis de l’écosystème innovant avec la Charte fintech ACPR, et souligné que l’Autorité de contrôle prône le dialogue et l’écoute avec ces acteurs, avec autant d’attention que les acteurs existants de l’écosystème financier.
Le Gouverneur a également partagé ses convictions sur l’écosystème fintech qui a un rôle indispensable à jouer pour conforter la souveraineté européenne. Cela, à travers trois axes portant sur le financement de l’économie, la monnaie et les nouvelles technologies (comme l’informatique quantique ou l’intelligence artificielle) et les enjeux de résilience numérique associés.
Dans ce contexte, le Gouverneur souligne que les fintechs peuvent par exemple favoriser de nouveaux canaux de financement dans un contexte de tokenisation de la finance, ou concourir au développement des cas d’usage autour de la monnaie tokenisée.
La Présidente de l’Autorité des marchés financiers est revenue, quant à elle, sur les principaux travaux de l’Autorité réalisés en 2025, dont la mise en œuvre des règlements DORA et MiCA ainsi que ses propositions pour faire évoluer le Régime pilote DLT pour le développement de la finance tokenisée
La menace quantique : « Un enjeu d’après-demain pour lequel il faut se protéger dès aujourd’hui pour bien parer le risque demain »
Un panel de cinq invités, associant institutions financières, fournisseur de solutions et autorités ont débattu pour la première fois au Forum Fintech des opportunités et risques du développement de l’informatique quantique dans la finance. La puissance de calcul des ordinateurs quantiques permet d’entrevoir à terme des opportunités dans la finance. Toutefois, c’est plutôt le risque latent porté par cette nouvelle technologie qui doit mobiliser aujourd’hui les acteurs de l’écosystème financier. En effet, l’informatique quantique fait peser la menace de casser l’essentiel des systèmes cryptographiques existants. Une grande partie des échanges a donc porté sur la façon dont les institutions financières devaient se préparer à la mise en œuvre des solutions techniques dites de « cryptographie post quantique » pour parer aux attaques. Dans ce contexte, le rôle des autorités est déterminant : la Banque de France a décrit ses expérimentations en la matière en vue d’impulser une dynamique et d’éclairer le système financier, tandis que l’Agence nationale pour la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) a rappelé ses orientations et son accompagnement.
Une seconde table ronde, sur le thème du renforcement de l’innovation financière conjuguée à la souveraineté numérique, a réuni une institution financière, un acteur parapublic du financement des entreprises, un fournisseur technologique souverain et la Commission européenne. Les débats ont abordé les besoins en infrastructures européennes, le financement des acteurs et enfin la réglementation. Parmi les nombreux échanges de vues exprimés, on pourra souligner le rôle de la réglementation comme un facteur de confiance facilitant l’adoption des innovations par le marché. Dans cette perspective, les enjeux d’harmonisation, l’idée d’un 28e régime pour les start-ups, l’allègement du standard prudentiel bâlois sur les crypto-actifs (concernant l’exposition des banques aux activités en la matière sur blockchains publiques) ou l’ouverture plus large de l’accès aux données, avec le projet de règlement FIDA, ont été autant de pistes évoquées.
« Nous avons plusieurs dispositifs d'accueil pour soutenir et stimuler l'écosystème innovant français » (Nathalie Aufauvre)
En ouverture de l’après-midi, les Secrétaires généraux de l’ACPR et de l’AMF ont souligné leur soutien à l’innovation. Pour l’ACPR, Nathalie Aufauvre a rappelé que l’innovation est indissociable des évolutions technologiques et qu’elle permet d’offrir des services financiers plus efficaces aux concitoyens mais aussi de stimuler une concurrence vertueuse entre les acteurs de l’écosystème. Ce soutien est illustré par des dispositifs concrets avec les engagements de la Charte d’accueil fintech de l’ACPR pour faciliter un parcours d’autorisation le plus fluide possible, ainsi qu’avec le Pôle Fintech innovation de l’ACPR, structure dédiée à l’écoute et au dialogue avec les fintechs, en vue de leur apporter un éclairage sur la réglementation.