En ce qui concerne le prêt (crypto lending), l'emprunt (crypto borrowing) et la mise en gage (staking) sur crypto-actifs, le rapport contient une analyse des principaux modèles d’activité observés sur le marché, opérés aussi bien sous des formes centralisées que décentralisées. Ces services sont offerts par un certain nombre de prestataires de services sur crypto-actifs (PSCA) dans les juridictions de l'UE, certains offrant également des services de crypto-actifs réglementés.
Conceptuellement, ces trois classes de services peuvent être décrits ainsi :
• Crypto lending – emprunts collatéralisés : le fournisseur (prêteur) transfère des cryptos/fonds à l’utilisateur (emprunteur) qui dépose des cryptos/fonds en collatéral; l’emprunteur s’engage à rembourser à terme avec intérêts.
• Crypto borrowing – emprunts en blanc : un utilisateur (prêteur) transfère des cryptos/fonds à un service/autre utilisateur (emprunteur); l’emprunteur s’engage à rembourser à terme avec intérêts.
• Crypto staking : procure des revenus en cryptos en contrepartie de l’immobilisation de cryptos pour soutenir les opérations techniques de validation pour les blockchains à consensus Proof of Stake (PoS).
Sur la base des informations disponibles, il semble que les consommateurs et les institutions financières de l'UE interagissent de manière très limitées avec ces services. Le rapport présente et évalue les risques spécifiques associés à ces services, tels que l'effet de levier excessif, les asymétries d'information, l'exposition aux risques de BC-FT, et les risques systémiques. En particulier, les utilisateurs peuvent recevoir des informations insuffisantes sur les conditions de ces services (notamment sur les frais, les taux d'intérêt payés ou les rendements, les modifications des exigences en collatéral). Cependant, l'EBA et l'ESMA n'ont pas identifié de risques à ce jour d’un point de vue de la stabilité financière.
Prochaines étapes
L'article 142 du règlement MiCA charge la Commission européenne (CE) de soumettre, après consultation de l'EBA et de l'ESMA, un rapport au Parlement européen et au Conseil sur l'évolution récente des activités en crypto-actifs. Sur la base de cette disposition, la CE est notamment chargée d'évaluer : d’une part, le développement de la DeFi sur les marchés des crypto-actifs et le traitement réglementaire approprié des systèmes de crypto-actifs décentralisés sans émetteur ni PSCA, y compris une évaluation de la nécessité et de la faisabilité de réglementer le DeFi ; d’autre part, la faisabilité et la nécessité de réglementer les activités de prêt-emprunt et de mise en gage sur crypto-actifs.