- Home
- Publications and statistics
- Publications
- Exercice pilote de stress test portant s...
Exercice pilote de stress test portant sur l’ensemble du système financier (« system-wide stress test », SWST)
La Banque de France, l’ACPR et l’AMF conduisent conjointement, pour la première fois, un exercice exploratoire de test de résistance à l’échelle du système financier français. Il vise à comprendre comment banques, assureurs et sociétés de gestion interagissent en cas de stress de marché sévère, et à identifier les canaux de transmission et les effets de second tour que les tests sectoriels ne captent pas. Exploratoire et confidentiel, il n’emporte aucune conséquence prudentielle individuelle ; seuls des résultats agrégés et des enseignements seront publiés.
Pourquoi un exercice à l’échelle de l’intégralité du système financier ?
Depuis le renforcement des cadres prudentiels post-2008, la solvabilité, la liquidité et la résilience des secteurs bancaire, assurantiel et de la gestion d’actifs se sont considérablement améliorées - résilience régulièrement confirmée par les tests sectoriels. Mais la robustesse microprudentielle de chaque secteur ne garantit pas la stabilité de l’ensemble : des institutions individuellement saines peuvent collectivement engendrer ou amplifier des dynamiques déstabilisatrices que les tests centrés sur un seul secteur ne peuvent déceler.
Deux évolutions appellent une approche plus intégrée. D’une part, la croissance mondiale de l’intermédiation financière non bancaire (NBFI) a complexifié les interconnexions - même si, en France, la NBFI domestique représente une part stable d’environ 30 % du secteur financier depuis vingt-cinq ans. D’autre part, plusieurs épisodes récents (« dash for cash » de mars 2020, Archegos en mars 2021, crise énergétique de 2021-2022, crise des « gilts » de septembre 2022) ont montré qu’un stress de liquidité systémique doit être appréhendé pour lui-même, et non comme le seul symptôme d’une difficulté de solvabilité. L’exercice adopte donc une approche « bottom-up », à l’échelle du système, plaçant explicitement la liquidité au cœur de l’analyse. Le Conseil de stabilité financière (FSB) recommande de tels exercices ; les autorités françaises ont tiré les enseignements méthodologiques du « System-Wide Exploratory Scenario » mené par la Banque d’Angleterre en 2023-2024.
Conception, périmètre et gouvernance
L’exercice réunit vingt-cinq institutions volontaires - cinq groupes bancaires (dont l’ensemble des G-SIB établies en France), neuf groupes d’assurance, dix sociétés de gestion et une chambre de compensation - assurant une couverture large et représentative (les acteurs non participants étant également stressés).
Il est co-construit avec les acteurs de la place, articulé avec les reportings existants. Le bilan est déroulé de manière statique sur dix jours « en meilleur effort », selon un format itératif en deux tours.
Le scénario repose sur une narration agnostique à la sévérité plausible mais nettement aggravée par rapport aux tests habituels (événement à 1  an sur 500, contre 1  sur 200 ), calibrée par quantile historique - soit la pire quinzaine observée environ tous les vingt ans - avec un pire choc à J3.
Scénario : une narration agnostique à la sévérité plausible mais significativement aggravée par rapport aux ST habituels (1 – 500 vs 1 – 200)
| Facteur de risque | Pire choc (Ã J3) |
|---|---|
| Actions | ‑31 % |
| Taux de swap EUR | +62,5 pb |
| Spreads souverains (EGB) | +37,5 Ã +87,5 pb |
| Spreads corporate UE | +87,5 Ã +350 pb |
| Rachats (assurance vie) | 1 % des PT sur 2 semaines |
| Primes (assurance vie) | -60% |
Trois canaux de transmission évalués
L’analyse s’organise autour de trois canaux par lesquels un choc local se propage et génère des effets de second tour.
Prochaines étapes et inscription dans l’agenda international
Les remises du premier tour sont en cours de consolidation et d’analyse. Un second tour démarre au mois de juin 2026 : il combine un questionnaire qualitatif (conditions de cession des MMF, crédibilité des stratégies de re-hedging, gestion de la liquidité) et des contraintes ajustées reflétant la pression de vente agrégée et la profondeur de marché observées, afin de tester la convergence du système. Les travaux de réconciliation sont menés conjointement avec l’AMF ; un rapport de synthèse final est attendu d’ici la fin 2026. Au-delà du cas français, l’exercice s’inscrit dans l’agenda macroprudentiel NBFI (FSB, rapport du G7 sur le test à l’échelle du système, réflexions de l’Eurosystème), où ce type de démarche est reconnu comme un outil prometteur pour analyser la contagion et les fragilités liées aux interconnexions.
Télécharger le rapport
Télécharger la note d'accompagnement
Updated on the 18th of June 2026